Octobre rose en Guinée, « 1087 femmes » ont été dépistées affirme le Dr Mamadou Bobo Souaré

Le mois d’octobre dernier, l’Association Guinéenne pour la Lutte contre le Cancer a organisé une campagne de dépistage gratuite dans l’enceinte de la clinique Médisar. Dénommée « octobre rose », cette campagne a permis à un millier de femmes à connaitre leur statut, à l’issue de la campagne le Dr Mamadou Bobo Souaré  spécialiste de la chirurgie oncologie à l’hôpital Donka nous a accordé un entretien.

Universciences : Que bilan dressez-vous de ce mois de dépistage gratuit du cancer ?

Dr Souaré : C’est plutôt un bilan positif. Nous avons très exactement dépisté 1087 femmes. Au cours de cette campagne de dépistage gratuit nous avons aussi découvert plusieurs légions du cancer du sein et du col de l’utérus. Parmi les légions du col, nous avons rencontré dix huit (10) légions
précancéreuses et nous avons traité quinze cas pour l’instant. Onze autres cas de cancer invasif ont fait l’objet de biopsie à fin de faire une étude anatomopathologiste. Nous avons également rencontré dix huit autres cas de polypes du col, dont cinq ont été traités et les autres sont en instance.
Au niveau du cancer du sein, nous avons aussi dépisté cinquante modules du sein et dix sept masses mammaires qui feront ultérieurement l’objet de biopsie. Le cancer du sein chez l’homme, nous avons mené une étude probant a ce niveau là aussi.

Universciences : Les personnes qui ont été dépistées du cancer seront-
elles prisent en charge par votre service ?


Dr Souaré : Dans ce sens nous avons deux options. Pour les légions précancéreuses du col de l’utérus, nous utilisons l’électro-coagulateur pour toutes les légions qui n’ont pas atteints le stade du cancer mais qui peuvent évoluer vers le stade du cancer. Cet appareil permet de neutraliser ces légions sur le champ. Les polypes du col de l’utérus, nous les traitons sur le champ également. Pour les légions qui ont tendance à évaluer vers le cancer, nous sommes entrain d’approfondir les examens. Il s’agit de faire
l’étude anatomopathologiste pour confirmer le caractère malin de ces tumeurs.


Universciences : Le cancer du sein chez la femme est presque connu de
tous, cependant ce lui de l’homme est méconnu, parlez-nous du cancer du sein chez l’homme ?

Dr Souaré : Le cancer du sein chez l’homme; il existe. Il est quand même très rare. Il représente moins de 1% de tous les cancers à travers le monde et moins de 2% de tous les cancers masculins. C’est une pathologie qui est aussi très rare dans notre contexte. La dernière étude réalisée par notre service a permis d’avoir une fréquence de 2,3% du cancer du sein chez l’homme sur tous les cancers traités dans les dix dernières années dans le service. Donc nous pouvons à travers cette étude affirmer que
c’est un type cancer très rare.

Universciences : Quels sont les facteurs de risque de ce cancer chez les
homme ?


Dr Souaré : Il y a plusieurs facteurs en terme de risques du cancer du sein chez l’homme. Des factures physiques, environnementaux… Les plus connus sont entre autres : l’alcoolisme, le tabagisme. Sans oublier les
problèmes hépatites et hormonaux ; notamment l’obésité et le problème testiculaire. Certains produits chimiques comme les engrais ainsi que les fortes températures peuvent être aussi des risques du cancer du sein chez l’homme. Comme tous les autres cancers, les antécédents familiaux
représentent également des facteurs de risques.

Universciences : Que faire pour réduire ce risque en Guinée ?


Dr Souaré : Pour éviter le cancer du sein chez l’homme, même s’il n’y a pas de véritables causes établies pour
l’instant; vu le faible nombre de cas, il faut arrêter l’alcool et le tabac. Pour ceux qui sont obèses surtout, il faut faire des exercices physiques. Il faut également se protéger de produits chimiques et éviter les hautes températures.

Universciences : Y a t-il un traitement approprié pour le cancer du sein
chez l’homme ?


Dr Souaré : Pour le traitement du cancer du sein chez l’homme, la stratégie thérapeutique est la même que chez la femme. La différence est que le cancer du sein chez l’homme est plus hormono-dépendant ou
hormono-sensible que celui de la femme. C’est-à-dire, les hormones jouent un rôle dans la prolifération des cellules cancéreuses. Dans le traitement du cancer, il y’a toujours des effets secondaires même si on peut gérer ou anticiper certains.

Universciences : C’est quoi la suite de ce projet de dépistage gratuit initié par notre service ?


Dr Souaré : Pour cette année, octobre rose est terminé. Nous comptons organiser chaque année des campagnes de dépistage gratuit. Occasionnellement au cours de la l’année prochaine nous profiterons pour
organiser quelques campagnes gratuits. Parce que nous avons maintenant un centre qui est dédié à cette activité. Il s’agit de la clinique Médisar qui est ouverte même en dehors du mois d’octobre rose. Nous lançons un appel à toutes les femmes qui ne sont pas venues pendant cette dernière
campagne, de venir se faire dépister. La consultation est vraiment abordable. Chez les hommes, c’est vrais que le risque est faible mais, une fois ils constatent une boule dans leurs seins, il est fortement conseillé de faire dépister. Parce qu’une boule dans le sien tant chez l’homme que chez la femme n’est pas du tout normale. Si la légion est constatée très tôt, il y a une forte chance de traiter à temps.


Propos recueillis par Mamadou Kindy BAH

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