Médecine traditionnelle : Prof Aliou BALDE « nous étudions tous les organes des plantes pour… »

Depuis 19 ans des chercheurs du centre de recherche et de valorisation des plantes médicinales  de Dubréka font des recherches pour trouver des médicaments contre certaines maladies. Ce qui leur a valu de mettre des anti-hypertenseurs et diabétiques sur le marché mondial. Pour le paludisme des efforts sont enregistrés mais le but des chercheurs africains est de proposer un anti-paludéen.

Crée en mars 2000, le centre de recherche et de  valorisation des plantes médicinales de Dubréka, contribue à l’amélioration de la santé des populations à travers une exploitation rationnelle des ressources locales. Ces ressources portent sur la médecine traditionnelle et la pharmacopée affirme le Professeur Aliou BALDE  directeur du dit centre.

S’agissant de la pharmacopée, la Guinée est considérée comme étant la symbiose des biodiversités à l’échelle africaine sans oublier que  chacune de nos régions naturelles a ses spécificités. « Pendant qu’il est temps, pendant que les guérisseurs de métier sont encore vivants et qu’il reste de plantes qui ne sont pas détruites, les chercheurs en profitent pour exploiter les potentielles de la médecine traditionnelle et la pharmacopée Guinéenne vue que la déforestation intensive et l’urbanisation anarchique sont des fléaux par rapport à la biodiversité. Nos richesses disparaissent de façon progressive  et si  on ne fait pas une réserve ça sera un souvenir pour nos petits enfants » prévient le Professeur Aliou BALDE.

Des avancées significatives sont enregistrées dans le traitement de certaines maladies comme l’hypertension, le diabète avec la mise à la disposition des malades des anti-hypertenseurs et diabétiques. L’anti-hypertenseur a obtenu une autorisation de mise sur le marché et l’anti-diabétique a fait ses preuves suite à des essais cliniques, tous sanctionnés par un brevet international qui s’étend jusqu’au Etats Unis.

Pour  le  paludisme par exemple, six antis-paludéens testés cliniquement et validés cliniquement ont été mis au point. Le desmodum velitinome et le Roreya minore sont utilisés dans la prise en charge de cette maladie. Mais dans le domaine du paludisme, le rêve des chercheurs africains est de proposer à l’humanité un anti-paludéen comme l’a fait l’Amérique du sud qui a  proposé le quinquina souligne le chef du centre.

Le Professeur BALDE ajoute également que plus d’une vingtaine de nouvelles molécules publiées au plan scientifique ont été isolées et identifiées dans le cadre des infections microbiennes. Au niveau du VIH, des recettes intéressantes ont été trouvées. 

« Si on nous dit (tradi praticiens) qu’on utilise la racine pour traiter telle maladie pour vérifier l’activité d’abord on respecte l’information de base. Mais dans l’étude approfondie, nous étudions tous les organes de la plantes pour voir quelles sont les dénominateurs communs actifs qu’on peut retrouver au niveau de ses organes. Si le principe qui est responsable de l’activité est plus présent dans les feuilles, c’est elles que nous exploitons. Quand c’est  les racines c’est délicat puisqu’on risque de tuer et pour permettre la longévité de la plante, on récolte une portion » affirme le Proffesseur.

Basé à Dubréka, le centre de recherche et de valorisation des plantes médicinales  dispose de quatre  antennes à Kankan, Labé, Kindia et N’Nzérékoré. Mais c’est seulement dans les trois premières localités citées, que les unités sont pour l’instant véritablement fonctionnelles et à travers ses antennes, il regroupe les tradi-praticiens qui sont leur collaborateurs.

Maimona BANGOURA

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